LETTRE A MES FRERES AFRICAINS
De tout temps, le continent africain a toujours été le théâtre d'opération militaire, politique , économique, sociale et culturel.
Aujourd'hui, par le monde surtout en France, les voix s'élevent : introduire progressivement des institutions démocratiques. En terme claire : donner aux Afrcains des idées et des sentiments susceptibles de les préparer à la liberté et ensuite leur permettre l'usage. Bien que cela relève de la sagesse, ont-ils la moindre idée de l'usage de la raison individuelle ou régionale ? Et si l'on ne réussit point avec le temps à fonder l'empire paisible l'armée saura-t-elle abandonner la gloire militaire qui réside justement dans les coups d'états ?
A notre connaissance, il n'existe pas un schéma abstrait apte à fournir des recettes d'organisations politique et sociale universellement valables.
Aux Etats-Unis, les objectifs de la good society ont pu s'intégrer au système de la démocratie traditionnelle sans altérer profondement les mécanismes.
En Europe, la situation était différente. La démocratie sociale ne pouvait s'accomplir sans que le pouvoir n'en crée les conditions par une modification profonde de toutes les structures sociales.
Il existe en Afrique, dans son ensemble, la réalité des partis, le maintien de conditions méfiantes et provisoires, l'effritement d'un grand dessein qui galvaniserait un peuple; de veilleités où s'épuise les programmes des gouvernements contestés, instables, bureaucratiques, paralysés et corrompus.
Plus grave encore, les élections présidentielles au suffrage universel sensées rédonner espoire et confiance, s'enfoncent dangereusement dans la magouille : changement constitutionnel. Les Présidents sortant sont systématiquement élus. Malgré les fraudes massives dénoncées. La vie continue comme si rien n'était. Mais pour les "perdants", le pays est divisé. L'opposition armée jaillissent de toute part, prend des villages, régions au non de l'injustice.
Parfois de la révolution. Avons-nous les moyens de la contenir. "Toute révolution disait Alexis Tocqueville (de), a plus ou moins pour effet de livrer les hommes à eux-mêmes et d'ouvrir devant l'esprit de chacun d'eux un espace vide et presque sans bornes".
La question est de savoir si mes frères Africains chercheront la voie orginale comme firent jadis les pays de la réussite : Etats-Unis, Japon, Chine de Mao, URSS de Lénine. Echapperons-nous comme le grand peuple américain à l'esprit de système, au joug des habitudes, aux maximes de famille, aux opinions de classe et jusqu'à un point, aux préjugés de nation ?
"Le peuple américain n'a pris la tradition que comme renseignement, et les faits présents que comme utile étude pour faire autrement et mieux. Il a cherché par lui-même et en lui seul la raison des choses".
L'Afrique entre dangereusement au XXIième siècle. Un continent agité, divisé dans un monde ou tant d'évidences nouvelles ne peuvent cependant nous faire oublier les questions demeurées sans réponses et l'homme africain a le sentiment que le monde de l'An 2000 n'y répondra pas plus que l'ancien. Pas plus que lui, il ne saura dire ce qui est l'homme, sa vie et sa mort. Dès lors, et malgré les certitudes qui lui procurent une meilleure connaissance du monde, il gardera le sentiment