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CONGOLAIS : FAUT-IL AVOIR PEUR DU FEDERALISME ?

CONGOLAIS : FAUT- IL AVOIR PEUR DU FEDERALISME ?

Il y a dans la vie le moment pour réflechir, le moment pour choisir et le moment pour décider. Pour réflechir, il faut être dans un état normal, bénéficier d'une certaine stabilité. Le deprimé par contre se dévalorise en permanence. La dépreciation de soi, disait Freud, est un des symptômes de la dépression.

Mais pour choisir, il faut d'abord connaître les règles du jeux. Ensuite les advesaires, l'arbitre, les spectateurs. Admettons que les joueurs décident de fausser la partie, on perd en spectacle ; les spectateurs s'agitent, jettent des projectiles, l'arbitre peut alors arrêter la partie, les joueurs sont renvoyés aux vestiaires. Dans le cas où celui-ci sait par avance qu'il y aura entente sur le terrain, il peut mettre en garde les deux camps. Alors, rien ne se passera. On gagnera en qualité.

 certains se posent la question, surtout après avoir lu mon livre : "LA DEMOCRATIE NOUVELLE" de savoir qu'y a-t-il de spécifique entre le centralisme et le fédéralisme. Je réponds : une certaine conscience républicaine pour réussir le développement dans un monde excité, agité, troublé et dangereux. Monde qui change. Les mentalités aussi. J'ai l'impression que nous Congolais continuons à persister dans nos erreurs. La plus grave, celle qui consiste à croire qu' il y a danger d'éclatement dans le fédéralisme. Souvenons-nous. Cela n'a pas eu lieu en période troublée de notre indépendance, le deviendra-t-il en période de l'unité dans la misère ? Dans les difficultés insurmontables du moment ?

Certains me disent :  "c'est bien, mais il faut aller doucement". Sont-ils capables de répondre s'il faut utiliser une petite pompe ou une grosse pompe pour vider les cuves d'un super pétrolier en train de sombrer ? Voyez-vous un seau d'eau ne fait pas le bonheur des habitants du Sahar. En revenche, la grande ondée donne de l'espoir et met le sourire aux lèvres des Saheliens.

Le fédéralisme c'est quoi me diriez-vous ? C'est un système qui refuse l'inertie, le lenteur administratif, la bureaucratie centralisée, la dégradation du devoir de service public, la combine la plus médiocre : le Congo est l'un de pays où on compte plus des "Conseillers multicartes".

Un ami de l'Université de Nanterre (région parisiènne), Amed Chenouifi, écrit : "Le changement est une  réalité permanente dans la vie de l'homme, des organisations, des sociétés et des civisations". Pour moi, un pays pour mieux fonctionner, pour être flexible, pour s'adapter, se modifier rapidement, ses responsables ont le devoir impérieux d'utiliser les capacités du peuple , mais celui-ci ne peut mettre en oeuvre sa capacité que par une participation aux décisions selon des degrés variables, ce qui exige une structure de pouvoir différente du modèle autocratique et centralisé. C'est pourquoi, je pense que le fédéralisme est le seul système capable de s'adapter à toute évolution. Si n'est pas totalement étranger aux Congolais puisqu'ils l'ont vécu de 1963 à 1968.

Nul doute, les Congolais n'ont pas oublié cette période où le surcroît de liberté, à tous les niveaux et dans tous les secteurs, le gain qu'engendrait un certain défaut d'efficacité dû à la décentralisation du pouvoir, faisait d'eux  les démocrates du continent. Pour eux, le fédéralisme n'est pas un schéma, ni un modèle, mais un processus. Processus de fédéralisation d'une communauté ethnique, tribale... Ils savent par avance distinguer le fédéralisme de la décentralisation. Ils savent que la décentralisation n'a aucun rapport avec la formation et la structure d'entités nouvelles. Ils définissent la décentralisation au sens large comme toute disposition qui attribue certaines fonctions, pour des raisons de commaudité gouvernementale à des entités territorialement dispersées.

En revanche, dans les systèmes fédéraux, les éléments constituants possèdent une représentation distincte et efficace pour participer à la législation et à l'élaboration de la politique de l'Etat et une représentation encore plus efficace pour l'amendement de la charte constitutionnelle elle-même.

Voyez-vous, on a parfois le sentiment de révolte quand on sait qu'il s'agit de libérer  les énergies, de laisser le peuple décider, d'être attentif aux suggestions, aux pleurs des enfants malades, mal dans leur peau, aux murmurations des couches les plus profondes de notre pays. Ayons le courage de dire au peuple : nous nous-sommes trompés en copiant le centralisme de nos anciens colonisateurs. Aujourd'hui, ce système ne répond plus à notre développement. Sans aucun doute, le peuple saura pardonner même s'il n'oublie jamais.

La meilleure preuve de génie, écrit le général Clausewitz, qu'un prince ou un général puisse fournir, c'est de savoir organiser sa guerre en conformité exacte avec ses moyens et ses buts, sans en faire trop ou pas assez. Quant à moi, il est question pour le Congo de se moderniser non seulement dans son administration, dans son fonctionnement, dans ses approches, mais aussi dans son état d'esprit.   

 

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