AVANT PROPOS
La démocratie souffre d'un excès de signification. Elle varie selon le milieu et le moment dans lequel ce mot est employé et selon le contexte doctrinal où il se trouve situé. La définition la plus simple est : un système de gouvernement qui entend inclure la liberté dans les relations de commandement à obéissance inséparable de toute société politiquement organisé.
Certes, cet enrichissement du concepte ne va pas sans altération du principe initiale ; la démocratie marxiste par exemple est difficilement conciliable avec la démocratie libérale.
On peut schématiquement distinguer trois phases dans l'évolution de l'idée démocratique. D'abord, elle s'est introduite dans les institutions sous forme exclusivement politique ; elle a été considérée comme un moyen de liberté. Elle fut ensuite, tenue pour instrument de la justice, ce qui, outre les changements que cette interprétation politique entrainait dans l'organisation politique , provoqua son extension aux rapports économiques et sociaux. Enfin, elle tend, aujourd'hui, dans les sociétés hautement développées, à assurer le contrôle de la collectivité sur la croissance économique et, à la limite, sur le bon usage de la prospérité.
En réalité, il n'existe pas un schéma abstrait, apte à fournir des recettes d'organisation politique et sociale universellement valables. Aux Etats-Unis, les objectifs de la good society ont pu s'intégrer au système de la démocratie traditionnelle sans en altérer profondement les mécanismes. En Europe, la situation était différente. La démocratie sociale ne pourrait s'accomplir sans que le pouvoir n'en créé les conditions par une modification profonde de toutes les structures sociales. En Union Soviétique, la révolution d'octobre eut procurée à la doctrine marxiste la caution d'un régime durable : la dictature du prolétariat. Au Congo, la situation était particulière. La puissance coloniale a crée l'égalitarisme parmi les Congolais; l'indépendance, la démocratie politique ; le pouvoir militaire, la démocratie consentante. (1)
La phase quatre qui se présente à nous, après que la grande masse des gouvernées en arrive à préférer l'assurance d'une sécurité, même médiocre, ne saurait être que la démocratie nouvelle.
Bien qu'elle est nouvelle par rapport au régime de maréchal Mobutu d'introduire dans le Congo nouveau, une justice qui empêchera la liberté d'être le privilège de quelques-uns, elle se démarque aussi de la démocratie gouvernante et du centralisme démocratique.
(1) La démocratie consentante est une parenthèse dans le jeu de la démocratie gouvernante. Dans les sociétés développées une personnalité se propose pour rétablir la cohésion du groupe et assurer la gestion des affaires. Ailleurs, l'armée prend le povoir pour remédier à la situation.