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LE DROIT AU TRAVAIL

"Il n'y a rien de plus respectacle que le travail, et il n'y a pas de cri qui parle plus haut que celui de la misère.

Au Congo, le problème de l'emploi est insoluble. La question : Comment trouver du travail, où le trouver, des milliers de jeunes se la posent chaque jour. La majorité de moins de 25 ans n'a jamais travaillé. Quel regard les jeunes ont-ils de la société qui les a fait naître ?

Il est vrai que le problème de l'emploi se pose partout. En Europe, les différentes politiques menées jusqu'à présent : réduction de la durée de travail, recrutement de fonctionnaires, formation, peignage des listes de l'agence pour l'emploi, n'ont servi qu'à reculer, un temps, les échéances. "... Ceux qui promettent une baisse rapide du nombre de chômeurs sont des menteurs, " déclare Laurent Fabius, premier ministre Français.

Dans le combat que se livrent les pays industrialisés pour enrayer le cancer du chômage, les Américains ont fait mieux. Plus de 6 millions de chômeurs ont trouvé du travail en 1983.

Au Congo, le chômage est incalculable : quatre familles sur cinq en souffrent. Faute de statistiques sérieuses, nous ne sommes pas en mesure de donner le nombre exact des chômeurs de longue durée (5 ans et plus). La S.D.A.U. qui en 1971 avait fait une étude sur l'emploi dans la ville de Kinshasa pense, que deux conditions seraient nécessaires pour que le Congo réussisse en matière d'emploil :

1.- le maintien du taux d'activité de 20 % sur la période 1975-1990 ;
2.- la reconduction des rapports de 1971 des secteurs d'emploi.

En un mot, si le taux d'activité de 1975 n'était pas maintenu, l'équilibre de croissance de Kinshasa serait largement compromis. Le nombre d'emploi en 1975 est estimé par la S.D.A.U. à 345 000 et devrait atteindre 726 000 en 1990 soit une augmentation de 381 000 emplois  ce qui correspond à une moyenne annuelle de 25 000 emploi nouveaux dont plus de 8 000 en zone d'activités.

Aujourd'hui, cette hypothèse d'emploi est dépassée. La situation est loin de s'améliorer. Au contraire, elle est inquiétante. Elle est explosive dans la mesure où la population de Kinshasa a doublé (6 millions d'habitants) et surtout l'arrivée des jeunes de moins de 25 ans sur le marché de l'emploi, pose un très grave problème. L'africanisation des cadres est un échec. Les entreprises étrangères font appel aux expatriés.  D'autre part, la politique menée jusqu'à présent a draîné des capitaux vers des projets non rentables. Le bâtiment et les travaux publics, qui auraient entraîné les autres secteurs sont négligés. Les campagnes se vident pour des raisons aussi bien économiques que pyschologiques et sociologiques. Comment envisager le développement dans pareille situation ? Comment accroître la productivité sans pouvoir d'achat, sans cadre de vie moderne ?

Les solutions sont multiples pour les pays en voie de développement. Ils manquent de tout. A Kinshasa, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le taux de croissance de la population proche de 15 % entre 1940 et 1950, de 10 % entre 1955 et 1967 et de 8,6 % en 1975, selon l'enquête de Joseph Houvoux, n'a pas provoqué l'expansion du logement ? (1).  Les Economistes sont d'accord pour reconnaître qu'en période de crise le bâtiment et les travaux publics servent de soupape de sûreté. Ils sont aussi l'élément moteur de relance de l'économie nationale. "Quand le bâtiment va tout va".

Ici, il est question de relancer les trois secteurs (agriculture, bâtiment et travaux publics). Pendant une quinzaine d'années, il ne saurait être question de gaspiller les énergies. Dans les deux derniers secteurs, (bâtiment et travaux publics) les Congolais chômeurs âgés de plus de 25 ans seront d'office embauchés.

Bien que nous soyons opposés à toute intervension de l'Etat dans les affaires des hommes, il s'agit dans un premier temps de créer des structures qui pemettront à l'Etat de céder ensuite la totalité de ses parts aux privés.

Le Congo à vrai dire, ne devrait pas connaître le chômage. La conjoncture internationale ne joue en rien dans sa situation catastrophique. Il suffit d'avoir un programme cohérent donnant au peuple congolais un peu plus de bonheur, un droit d'y habiter dans une maison moderne, d'être soigné convainablement, d'avoir une alimentation équilibrée, des lumières pour affronter le monde nouveau, un envorinnement digne d'un grand peuple, vous suscitez des besoins nouveaux et vous créez par la même occasion des nouveaux emplois. "Un gouvernement qui ne cherche pas par tout les moyens de répondre positivement aux problèmes douloureaux du chômage est irresponsable".




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(1) Discours pronocé par M. Mbemba Saulona, président de l'Association Nationale des Entreprises du Zaïroise (ANEZA), Kinshasa, 27 janvier 1982.

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